Dans mon brun, Ato Malinda

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Ato Malinda est une artiste qui est venue en résidence à Doual'art, du 21 octobre au 1er novembre 2009.
Elle est kenyane et travaille avec passion sur des sujets graves comme les mutilations génitales féminines, et explore le tourbillon d'une identité nationale. Son travail s'appuie sur des idées fondées sur la pensée africaine postmoderniste et l'esthétique de la visibilité. Elle utilise plusieurs médias qui incluent notamment la performance corporelle, mais aussi l'installation vidéo et la peinture.
A la fin de sa résidence, pour le vernissage de son exposition ''Dans mon brun'', Ato nous a proposé une performance dans l'espace doual'art.


L'espace d'exposition est meublé par quelques peintures dans un coin à gauche. Il s'agit de reproductions de détails de grandes toiles connues, traitées d'une façon colorimétrique très féminine.
Puis il y a cet sorte d'enclos, érigé au milieu de la pièce. Ses murs sont fait de miroirs pour la surface extérieure, et à l'intérieur, nous trouvons de la tôle usée. L'extérieur nous renvoie une image ''bling bling'', contrairement au dedans de cette pièce qui reflète un aspect sale. Une échelle de bois sert de passerelle, pour franchir la limite de ces deux mondes opposés.


Ato arrive. Elle porte un cabas. Il s'agit d'un habit féminin traditionnel du Cameroun, confectionné avec un tissu africain particulier: le pagne. Celui-ci symbolise vraiment une identité précise nationale et culturelle. Sur sa peau, au niveau des pieds, des bras, du cou et de la nuque, les motifs du pagne se prolongent en peinture.

Elle franchie l'échelle et entre dans l'enclos. Les gens s'amassent autour. Elle verse une encre noire sur le sol, s'allonge et se roule par terre. Elle effectuera ce geste une trentaine de minutes sur une bande sonore, reprenant des programmes télévisuels.
























L'atmosphère est étrange. Elle met mal à l'aise, dérange. Nous sommes autour à déguster des canapés et à boire nos coupes de vin blanc, pendant que cette femme se roule à nos pieds dans la crasse. On écoute. Le son parle de problèmes de santé, de problèmes politiques, d'actualités. Ato souffre. Sa posture nous fait mal. Elle semble vouloir se débattre contre ce qu'elle entend. Elle se recroqueville. La tension est présente. De temps en temps, dans son élan, elle se cogne. La tôle vibre. On ressent la douleur. La tôle symbolise la ville. C'est avec cette matière que l'on construit les toits des maisons, ici, dans les quartiers moins favorisés. Dans cette encre, les motifs du pagne disparaissent, pour ne donner à voir qu'une masse noire. Ato perd son identité: ses peintures sur sa peau s'effacent.


















Nous sommes dans la galerie, du côté un peu ''m'as-tu vu'' de l'art. Nous l'observons se débattre dans cette sorte de prison à bestiaux, dans cette représentation de la ville que l'on se cache, que l'on aimerait ne pas savoir exister. Nous la regardons sans rien faire: personne ne franchit l'échelle, personne n'ose la relever,. On regarde de haut, on regarde de loin.

Pourtant, on peut également l'interpréter comme une conscience que l'on a ou une partie de pourriture en nous: nous nous reflétons dans le miroir où se passe cette action. Derrière ce miroir, derrière ces reflets, la vérité, notre inconscience...

Libre à chacun d'interpréter. Beaucoup de personnes avaient une version différente.


Ato se relève. Elle marche d'un pas las, elle est courbée. Elle est fatiguée. Le combat a été rude, elle semble avoir vieillie. C'est une dame âgée face à nous. Elle repart humble. L'épreuve a été surmonté, tout peut continuer...


Cette performance aux milles significations, était chargée d'émotions! J'ai rarement été émue à ce point par une action. Chapeau bas l'artiste!
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Publié dans Doual'art

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J
<br /> Je ne pourrais pas si c'est cette semaine ou la prochaine: je suis en déplacement hors de douala. Mais je passerai avec plaisir début décembre<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Bonjour,<br /> <br /> Voilà un compte rendu enthousiaste! J'en profite pour vous remercier de m'avoir donné l'info: je suis passé ce soir là, et je crois même qu'on s'est croisé (si vous étiez en train de prendre des<br /> photos, et moi qui avait un appareil HS).<br /> <br /> Par contre, coté performance, je n'ai pas tout à fait le même ressenti: certes, l'opposition artiste/salle était forte, mais c'est un classique de l'art contemporain, et, dans le contexte d'une<br /> galerie, perd à mon avis un peu de son coté surprenant. Il me semble que ça aurait eu plus de force dans un contexte moins "artiste" et plus "rue". Merci pour l'info sur le contenu de la bande son:<br /> j'avoue avoir eu du mal à saisir ce qui se disait, du fait de l'acoustique assez métallique de la salle et du brouhaha des conversations mondaines. Là encore, peut-être que le silence aurait<br /> renforcé l'effet, en forçant le public à se taire. Le coté informations angoissantes aurait pu peut-être passer par un film (muet).<br /> <br /> Malgré tout, je ne regrette pas d'être venu, et tiens donc à vous remercier d'avoir donné l'info sur votre site. A quand la prochaine?<br /> Xavier.<br /> <br /> <br />
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<br /> Oui, effectivement c'était moi derrière l'appareil! Si tu veux demain vers 15h30, je fais une présentation de mon travail, et des projets que je vais réaliser ici, à Douala. Et à 17h, il y a le<br /> lever de drapeau dans le cadre de Flag'art, un autre projet orchestré par Doual'art... Voilà!<br /> A une prochaine!<br /> <br /> <br />
M
<br /> il y a de quoi avoir ton ressentit,quand tu vois en ce moment il fete la destruction du mur de berlin,ce serait super si en meme temps ailleurs dans le monde on etait pas entrain dans construire d<br /> autres!!!!!!!<br /> <br /> <br />
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