Projet autour de la fontaine, place du gouvernement...
Dans les articles qui suivent, je vais vous présenter mes projets que j'aimerais réaliser à Douala. Ils ne sont pas aboutis et demande encore réflexion. Ce sont des amorces d'idées. Si vous avez des propositions ou des conseils pour m'aider à avancer, n'hésitez pas!
Dans un premier temps, je souhaiterais intervenir sur la fontaine du monument aux morts, place du gouvernement à Bonanjo. Elle a été construite dans les années 20, à la mémoire des militaires et marins français et alliés, tombés au champ d'honneur pendant la guerre 1914-1918.
Maintenant, cette fontaine sert principalement aux laveurs de voitures qui viennent y puiser de l'eau pour effectuer leur travail.
Avec l'action de ces laveurs, de l'eau est répandu autour de la fontaine.
Je voudrais me servir de ce phénomène. J'aimerais intervenir un matin, en écrivant à la craie un texte autour de la fontaine. Grâce à l'utilisation de celle-ci, le texte s'effacerait au fur et à mesure de la journée.
Pour ce qui est du contenu du texte, avant de vous expliquer l'idée, laissez moi vous apporter quelques précisions:
Parlons de ces monuments français, les monuments des colons... Sans remettre en cause la françafrique, et l'Histoire qui en découle, une question se pose: pourquoi voir, à Douala, des statues du général Leclerc, des poilus...etc... et pas celles à l'égard des héros nationaux tels Ruben Um Nyobe, Martin Paul Samba, Rodolphe Douala Manga Bell...?
Le Cameroun est indépendant depuis le 1er janvier 1960. Pourtant dans le discours des gens, l'influence de la France est encore très présente:
«La France a installé la statue de Leclerc sur l’emplacement où notre indépendance a été obtenue, et sur son regard. Alors qu’il y a nos héros de l’indépendance, nos nationalistes, qui méritent de trôner, sur les places de l’indépendance au Cameroun. A deux cents mètres de cet endroit, il y a la tombe de Rudolph Douala Manga Bell. Il gît dans l’anonymat total, pendant que quelqu’un d’autre, qui n’a rien à voir avec notre histoire, est débout. J’estime que c’est une aberration. C’est un non-sens.»
«J'ai été à l'école des français. On m'avait dit que mes ancêtres étaient gaulois. Sur la carte de géographie de France, je sais où se trouve le bassin aquitain. Je ne te dirais jamais où se trouve le Botswana sur une carte d'Afrique. Je n'ai jamais appris ça! Je ne connais pas la carte du Cameroun! Parce que j'ai été français! Je sais que Henri IV a été assassiné en 1834 par un fou appelé Ravaillac. Je ne connais pas la mort du roi Douala Manga Bell. Parce qu'on m'a blanchi, on m'a déshabillé. Je suis complètement acculturé.»
J'aimerais donc écrire un texte sur cette influence française. Les camerounais viendraient l'effacer par leurs gestes quotidiens...